Canavar Bağları est né dans les monts Ida, l’une des régions les plus vierges et les plus chargées d’énergie du nord-ouest de la Turquie, près de l’ancienne Troie. Le nom Canavar — issu de la racine persane can (vie, âme) et du suffixe -var (qui possède) — ne désigne pas un monstre, mais quelque chose de profondément vivant. Pour les producteurs du projet, Duygu et Can, qui ont lancé leur aventure en 2017, le sol, la vigne, le raisin, les levures indigènes et le vin lui-même sont des organismes vivants coexistant au sein d’un même écosystème.
L’histoire du domaine commence avec une ancienne parcelle de Karasakız, plantée dans les années 1980, à une époque où la variété était encouragée par le monopole d’État Tekel pour la production de cognac. Avec la fermeture de l’usine en 2004, la Karasakız est tombée dans l’oubli et de nombreux vignobles ont été arrachés. L’un d’entre eux, aujourd’hui âgé de 37 ans, est devenu le point de départ de Canavar Bağları.
À la recherche d’un mode de vie plus écologique, Duygu et Can ont acquis le domaine, qui comprenait un petit vignoble de Karasakız. Au départ, il n’était pas question de produire du vin, mais cette petite parcelle est devenue l’étincelle fondatrice du projet.
La philosophie est profondément naturaliste et prend naissance dans le sol. Aucun produit chimique ni même « autorisé » mais considéré comme nuisible à la terre n’est utilisé ; l’objectif est d’augmenter la matière organique et de créer un écosystème autonome. Le domaine est entouré de forêt et cohabite avec des oliveraies, des vergers de nectariniers et des potagers, renforçant ainsi la biodiversité. Aucun moyen mécanique n’est également employé.
En cave, les interventions sont réduites au minimum : fermentations spontanées grâce aux levures indigènes, sulfitage faible ou nul, et mise en bouteille en préservant intacte la vitalité du vin. Ampelo, la première cuvée du domaine, tire son nom du satyre mythique qui donna vie à la première vigne.
Aujourd’hui, Canavar Bağları continue d’explorer le potentiel de la Karasakız, tout en s’ouvrant progressivement à d’autres cépages locaux. Les volumes de production sont véritablement minuscules.